<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184</id><updated>2012-02-07T03:44:31.851-08:00</updated><category term='Thérèse l&apos;indomptable'/><category term='trois poèmes de jeunesse'/><category term='madé ou l&apos;art de la synecdoque'/><category term='Nicolas Kennett: les deux éternités'/><category term='Portrait d&apos;un poète vietnamien : Hoàng Câm'/><category term='L&apos;Ithaque d&apos;André Le Bozec'/><title type='text'>Site de Patrick Autréaux</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>16</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-7673229520027378610</id><published>2012-01-14T11:26:00.001-08:00</published><updated>2012-02-07T03:44:31.855-08:00</updated><title type='text'>Le dedans des choses</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-8KWD99f-yRQ/TyFnRmE1GZI/AAAAAAAAAFA/4V3lbsB2b10/s1600/AUTREAUX+Patrick+COUV+Le+dedans+des+choses-1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://2.bp.blogspot.com/-8KWD99f-yRQ/TyFnRmE1GZI/AAAAAAAAAFA/4V3lbsB2b10/s320/AUTREAUX+Patrick+COUV+Le+dedans+des+choses-1.jpg" width="210" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Ce livre vient d’un muséum intime et buissonnier, c’est-à-dire d’une boîte à trésors, d’où surgiront notamment un rat musqué, un cygne noir, un réalisateur tchèque un peu sadique, des yeux de verre, des modèles d’invertébrés, un bateau-lumière, des poulpes brandis sur des harpons, des girelles et bogues scintillantes, une invasion de mouches, la charogne d’une baleine, un grand artiste allemand, une meute de poètes, des bouleaux et des brumes, un paléontologue mystique, un carabin pris de vertige métaphysique, un neurobiologiste athée, l’ombre d’un entomologiste méridional, des parents terribles, une panthère en cage, des scarabées et quelques orthoptères, un fœtus, une momie de cigale, un pyromane imaginaire, et d’autres bijoux minuscules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;publication le 2 février 2012 aux Éditions Gallimard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.lemarathondesmots.com/spip.php?article84"&gt;Marathon des mots 2011&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.franceculture.fr/emission-tout-feu-tout-flamme-de-francois-angelier-tout-feu-tout-flamme-de-francois-angelier-2012-02"&gt;Chronique de François Angelier&lt;/a&gt;&amp;nbsp;(France Culture, 6 février 2012)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Extrait : &lt;br /&gt;"Les modèles en verre de Leopold Blaschka et de son fils ont été sortis des réserves depuis quelques années. Après des décennies d’oubli, on admire les verriers de Bohême, dont les secrets, dit-on pour s’excuser d’une si longue négligence, n’ont pas été transmis. &lt;br /&gt;Feuilleter les catalogues de ces artistes suscite un chant venu sans doute de ces mondes qu’on sent sans voir, quand nous approchons vraiment de nous-mêmes. &lt;br /&gt;Et voici que dansent des verreries bleues, mauves et vertes, des boutons étoilés, des floraisons tentaculaires, des membranes léopardées et mouchetures pourpres ; et que palpitent des organes en couronnes défaites ou tresses pédiculées, des ombelles animales et des bouches bordées de cheveux, d’aigrettes plumeuses, de barbelures, de flagelles ou de cils, des capsules gélatineuses qu’on dirait paupières closes et dont on se dit que la vie des origines leur ressemblait, des limaçons bleu nuit, des touffes de fausses prêles, des chapeaux, des coupelles, des cloches frangées et tous ces organicules qui pourraient être des fleurs, des herbes ou le détail intime de nos replis, translucides et rubescents, dévorateurs pleins de semences ou de poisons, et qui flottent dans la laque noire des fonds pélagiques, où la lumière ne jaillit le plus souvent que pour l’effroi silencieux d’une victime déchiquetée. &lt;br /&gt;Et voici que de cette noirceur lumineuse, de ce mur d’obsidienne liquide qu’on n’en finit pas de traverser, au point qu’il n’est plus mur mais infinité de murs, substrat feuilleté de la vie organique ou de l’esprit, on ne sait plus, monte un chant. Est-ce la tristesse ? Un chant de deuil ? Je ne l’entends pas clairement, mais le reconnais. Il invite à la prière et n’est pas une prière. Une lamentation ? Je n’en suis pas sûr. &lt;br /&gt;Un chant dans la nuit. &lt;br /&gt;Où vont les baleines quand elles meurent ? Théo, que passionnaient les Inuits autant que les Cajuns de Louisiane, était intarissable sur les cimetières de baleines, la chasse en Alaska et ces titans qui pouvaient vivre deux, trois ou cinq cents ans peut-être, et être nés avant même la découverte de l’Amérique. Il avait vu un documentaire sur ce sujet et, quand il ne prospectait pas le pétrole, il partait à la recherche de ces grands morts solaires. &lt;br /&gt;C’est bien plus tard que j’ai su que l’océan même était leur cimetière. &lt;br /&gt;Quand leur grand cœur s’arrête de battre, elles s’emplissent d’eau, se noient mortes et s’enfoncent comme de grands vaisseaux qui coulent sans plus se défendre. Partout l’obscurité s’épaissit, elles dérivent un peu à cause des courants dans une chute qui dure des kilomètres. Le dépeçage commence. Les requins des fonds et la lignée des charognards arrachent les graisses. Le charnier grouille pendant des mois, des années même. Apparaissent les lourds ossements, affaissés sur les fonds, démantibulés comme des marionnettes immenses, reléguées au creux de cavernes à ciel ouvert, où les ligotent et les rongent des colonies de palourdes et de vers géants, où prolifèrent les ophiures comme des étoiles éteintes. &lt;br /&gt;Pas de cimetière où venir les admirer dans leur passage vers l’au-delà, pas de tintement de cloches funéraires, pas de lieu de recueillement possible. &lt;br /&gt;Est-ce des grands morts qu’émane le chant ? De leurs sépultures profanées qui engendrent un autre monde ? De tout ce qui est invisible et effrayant au fond des tombes ?"&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-7673229520027378610?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/7673229520027378610'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/7673229520027378610'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2012/01/le-dedans-des-choses.html' title='Le dedans des choses'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-8KWD99f-yRQ/TyFnRmE1GZI/AAAAAAAAAFA/4V3lbsB2b10/s72-c/AUTREAUX+Patrick+COUV+Le+dedans+des+choses-1.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-1762187946340880566</id><published>2010-08-31T16:47:00.001-07:00</published><updated>2011-02-01T11:36:56.507-08:00</updated><title type='text'>Soigner</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/TCDn8N1TPOI/AAAAAAAAAD4/SAn1p2dA0rU/s1600/AUTREAUX+Patrick+COUV+Soigner140.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;width: 122px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/TCDn8N1TPOI/AAAAAAAAAD4/SAn1p2dA0rU/s200/AUTREAUX+Patrick+COUV+Soigner140.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5485639367828651234" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Éditions Gallimard&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Soigner, c’est-à-dire soigner jusqu’au bout, c’est traverser un champ dont on ne connaît ni l’état du sol, ni la nature des herbes. C’est accepter les fleurs d’orties, la gadoue putride, les entorses et aussi les odeurs fraîches, l’ombre piquetée de soleil d’un arbre solitaire. C’est fatigant et dur. On se fait mal au dos, on en a marre, on voudrait que ça se termine vite, on se le reproche, on essaie de sourire et de ne pas se presser, et on pleure en cachette après l’avoir entendu appeler ce nom d’enfant que lui seul utilisait." P.A.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Revue de presse:&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.marianne2.fr/philippepetit/Patrick-Autreaux,-l-ecrivain-qui-ne-triche-pas-avec-la-maladie-de-la-mort_a58.html"&gt;Patrick Autréaux, l'écrivain qui ne triche pas avec la maladie de la mort&lt;/a&gt; par Philippe Petit&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.franceculture.com/emission-l-essai-du-jour-soigner-de-patrick-autreaux-gallimard-2010-09-09.html"&gt;"L'essai du jour"&lt;/a&gt; par Philippe Petit, France Culture&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"L'accompagnement" par Véronique Rossignol, Livre Hebdo, 27 août 2010&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Retour à l'hôpital" par Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur, 23/29 septembre 2010&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"L'agonie comme une leçon de vie" par Christian Delahaye, Le Quotidien du Médecin, 22 septembre 2010&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Soigner" par Dominique Lecourt, La Croix, 28 septembre 2010&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Patrick Autréaux - Soigner" par Philippe Forest, Artpress, novembre 2010&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;a href="http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/11/11/soigner-de-patrick-autreaux-ils-de-franck-delorieux-et-pour-bastien-de-mathieu-riboulet_1438444_3260.html"&gt;Trois fragments du corps intime&lt;/a&gt;" par René de Ceccatty, Le Monde des Livres, 12 novembre 2010 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Interventions-rencontres :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Valenciennes, Scène Nationale, Théâtre Le Phénix : &lt;a href="http://vimeo.com/16930012"&gt;lecture-conversation avec JB Pontalis et Michel Didym (video)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Librairie Mollat, Festival Ritournelles : &lt;a href="http://www.mollat.com/rendez-vous/patrick_autreaux_et_mathieu_riboulet-7058142.html"&gt;rencontre avec Mathieu Riboulet (audio)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La grande table, France Culture : &lt;a href="http://www.franceculture.com/personne-patrick-autr%C3%A9aux.html"&gt;Soigner&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.franceculture.com/emission-jeux-d-epreuves-emission-du-samedi-11-decembre-2010-2010-12-11.html"&gt;Jeux d'épreuves&lt;/a&gt;, France Culture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.franceculture.com/emission-hors-champs-patrick-autreaux-2011-01-31.html"&gt;Hors-champs&lt;/a&gt;, France culture.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-1762187946340880566?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/1762187946340880566'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/1762187946340880566'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2010/08/soigner.html' title='Soigner'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/TCDn8N1TPOI/AAAAAAAAAD4/SAn1p2dA0rU/s72-c/AUTREAUX+Patrick+COUV+Soigner140.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-2523202086988785645</id><published>2010-08-31T16:19:00.000-07:00</published><updated>2010-10-16T01:39:07.978-07:00</updated><title type='text'>Œuvres sur papier et murs de Bertrand Lagadec</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/TLliaZ4R0BI/AAAAAAAAAEo/WqjsTxLfJQg/s1600/b.lagadec.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 161px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/TLliaZ4R0BI/AAAAAAAAAEo/WqjsTxLfJQg/s200/b.lagadec.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5528558223337050130" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;VRAI CORPS&lt;br /&gt;Atelier blanc de madé (Champlay - Yonne)&lt;br /&gt;du 4 au 19 septembre 2010 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des travaux sur papier à la grange située à Annay-la-Côte (Yonne - photo ci-contre), aux murs disséminés dans la région, si l’on tente de penser la cohérence de l’œuvre de Bertrand Lagadec, on reconnaîtra peut-être, placée sous le signe de l’écriture, une démarche où l’intimité d’un esprit cherche à prendre corps. &lt;br /&gt;Trace de cette matière invisible qui advient, l’écriture appelle l’écriture : elle investit des supports avec ses turbulences de stylobille, hachures en muraille et zébrures de pastel, en vient à les façonner – murs de parpaing, de briques, paroi de métal –, les recouvre d’enduits, les entaille et les bariole avec une fantaisie d’enfant qui pirouette sur sa souffrance, semblant ainsi répondre à l’appel d’une complexité qui se transforme. &lt;br /&gt;Et si cette œuvre témoignait de la rencontre d’un esprit avec sa propre naissance, avec un au bout de lui-même ? Violente en cela que cette rencontre ne peut se faire que dans un affrontement, où la matière sert de milieu d’échange. Délicate par son attachement caressant au minuscule des accidents de cette matière même, qu’elle soit minérale ou végétale, à son grain, à ses fibres. &lt;br /&gt;S’inscrivant, s’inventant par un travail d’incisions, de fentes ou de blessures, le corps de ce qui ne se pense pas, ne se formule pas, ne se voit pas s’engendre en un corps absent, dont les peaux successives, reliques d’états transitoires ou feuillets (au sens embryologique), donnent à éprouver l’unité : vrai corps obstiné à naître, qui s’esquive, s’échappe à lui-même, ne s’appréhende que dans ses mues et mène à la pointe de l’être, là où on ne peut que tomber ou s’envoler.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-2523202086988785645?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/2523202086988785645'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/2523202086988785645'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2010/08/betrand-lagadec.html' title='Œuvres sur papier et murs de Bertrand Lagadec'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/TLliaZ4R0BI/AAAAAAAAAEo/WqjsTxLfJQg/s72-c/b.lagadec.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-8008577268668211550</id><published>2010-01-08T08:13:00.000-08:00</published><updated>2010-06-05T13:48:22.715-07:00</updated><title type='text'>Alix Le Méléder</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/S0da1ebNO_I/AAAAAAAAADo/iRwiqm2eJ4w/s1600-h/Alix+LM.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;width: 168px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/S0da1ebNO_I/AAAAAAAAADo/iRwiqm2eJ4w/s200/Alix+LM.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5424404150937795570" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Galerie Zürcher&lt;a href="http://www.galeriezurcher.com/-Le-Meleder-?lieu=paris&amp;lang=fr"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Janvier-février 2010 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être faut-il regarder les œuvres d’Alix Le Méléder comme l’état d’un corps qui viendrait à la conscience et accomplirait en elle ce savoir qui ne sait rien. On dirait une peau, pense-t-on, une peau marquée par quatre grands stigmates : énigmatique résultat d’un supplice, de quelque écartèlement, d’un processus organique transformant ce qui serait l’être même. &lt;br /&gt;De toiles en toiles, les taches perdent cependant leur air de douleur pour se muer en corps mouvants et découvrent le vertige de l’être en surplomb venant d’assister à son propre éclatement – après la catastrophe, quand on s’est survécu. Elles ralentissent leur tournoiement et de leur équilibre se dégagent autant de « visages », en arrêt ou frémissants, issus de ce calme d’après l’effroi. Et il se peut que soit à l’œuvre dans le travail d’Alix Le Méléder l’exploration graduelle de quelque présence au fond de l’abîme. Comme si tout moment créait son ange particulier. &lt;br /&gt;Processus qui, par la peinture, fait advenir l’innombrable de l’être, son intime multitude, et peut ensuite se retirer – quatre, trois, deux, un – jusqu’à cette essence du visage que serait la conscience sans objet, lorsqu’on se sent échapper au temps. &lt;br /&gt;C’est accompli, se dit-on devant les œuvres les plus minimales, on ne sait pas bien quoi, sinon une plénitude qui ne serait plus accident ni conséquence de la violence extrême de devenir, mais état de haut calme. &lt;br /&gt;Ayant fulguré et bouleversé l’informe, ce je ne sais quoi à l’œuvre peut dès lors s’y résoudre au bord de disparaître, comme un être sauvage lentement apprivoisé à lui-même, et qui s’en retourne à la forêt.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-8008577268668211550?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/8008577268668211550'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/8008577268668211550'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2010/01/alix-le-meleder.html' title='Alix Le Méléder'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/S0da1ebNO_I/AAAAAAAAADo/iRwiqm2eJ4w/s72-c/Alix+LM.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-212231310614798091</id><published>2010-01-08T08:06:00.000-08:00</published><updated>2010-02-17T08:46:14.897-08:00</updated><title type='text'>Sous-bois, huiles de L.Beatrix Spadavecchia</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/S3wdS0X8O7I/AAAAAAAAADw/bmM-0-uCt0s/s1600-h/LBS.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;width: 197px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/S3wdS0X8O7I/AAAAAAAAADw/bmM-0-uCt0s/s200/LBS.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5439254659090627506" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Faisanderie de Sénart &lt;br /&gt;Janvier-février 2010&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Impressions d’algues qui ondulent, d’usnées pendantes ou de lichens proliférant ; de terreaux mouillés, de marnes roses, d’argiles violines ou de beiges glaiseux ; d’humus qu’on a fouillé, d’écorces ou de feuilles décomposées, dont pour un peu on sentirait l’odeur. Fragments de branches, mousses noyées ou filandres ponctuées de rosée ; boues de minéraux rares, glaçures raffinées par le hasard, jaspures ou concrétions de débris : nous sommes devant des états incertains, évoluant dans un entre-deux, dans les eaux de quelque rêve où la matière est méandres, paysages minuscules et éphémères ; où la toile devient mouvance et source, sans qu’on y puisse cependant distinguer un quelconque « c’est cela ». &lt;br /&gt;Dans cet informe tumulte, ralenti et obstiné comme le mouvement des eaux dormantes, dans cet état propice à une suspension de l’esprit, on dérive porté par des flux indistincts, glissant, surnageant, ne voguant sur aucun vaisseau, vers aucun port, mais immergé dans une substance sans bord, sans fond, au sein de laquelle on se demande si quelque chose de primordial ne se recompose pas. &lt;br /&gt;Une présence à l’œuvre travaille dans la couleur et la matière même : présence sans conscience, aveugle ou s’ignorant soi-même, qui semble savante pourtant et qu’on sent habitée par une force diffuse, qui n’est pas sans inquiéter parfois. &lt;br /&gt;On hante un monde de coulures et de nappes se recouvrant et se découvrant. Un état intérieur est ici en devenir. &lt;br /&gt;Mares et sous-bois : lieux des rêveries, des angoisses, des apparitions aussi, feux follets et luminescences organiques, niches des larves et des fascinations d’enfants. &lt;br /&gt;C’est cette ambivalence vivante que captent les toiles de L. Beatrix Spadavecchia, lorsque le monde familier laisse passer en soi un frisson : émerveillement ou malaise, aussitôt éludés par un peu de ce soleil qui traverse les hautes cimes et change la toile, en fait mouvoir les couleurs selon d’inédites combinaisons. &lt;br /&gt;Et toujours cette présence, reflétant qui la regarde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-212231310614798091?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/212231310614798091'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/212231310614798091'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2010/01/sous-bois.html' title='Sous-bois, huiles de L.Beatrix Spadavecchia'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/S3wdS0X8O7I/AAAAAAAAADw/bmM-0-uCt0s/s72-c/LBS.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-4170153770508470570</id><published>2009-10-05T04:34:00.000-07:00</published><updated>2009-10-30T15:35:00.333-07:00</updated><title type='text'>Parole à voir</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/SsnZ8CrY0KI/AAAAAAAAADY/vv5tJJtowYI/s1600-h/2.htm.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 150px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/SsnZ8CrY0KI/AAAAAAAAADY/vv5tJJtowYI/s200/2.htm.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5389078054659739810" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Musée des Ursulines, Mâcon - septembre-décembre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après la donation au musée des Beaux-Arts de Cambrai, fin 2003, d’une collection qui comprenait nombre d’artistes issus de l’Abstraction Géométrique et un grand ensemble d’œuvres de Guy de Lussigny, le musée Matisse du Cateau-Cambrésis puis le LAAC à Dunkerque ont proposé à André Le Bozec deux cartes blanches à l’occasion de la donation qu’il faisait à ces institutions, afin d’approfondir l’exploration de l’œuvre de Lussigny. &lt;br /&gt;Ces expositions ont amené le collectionneur à réfléchir sur son cheminement au sein d’une autre collection, vécue comme affranchissement progressif, à la fois autonomisation et réappropriation d’une aventure artistique, partagée avec son compagnon.&lt;br /&gt;L’exposition au musée des Ursulines de Mâcon en propose un aperçu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Guy de Lussigny aimait à converser, d’art notamment. Il a recherché, tout au long de sa vie, le partage avec d’autres artistes vivants et morts : Severini, les peintres de Sienne, Piero della Francesca, Freundlich, Herbin, Albers. Avec certains, les dialogues étaient coutumiers : Dewasne, Nemours ou Calderara. &lt;br /&gt; Le Bozec évoque comment sa rencontre avec Lussigny, le quotidien d’un artiste avec ses doutes et ses tournants créateurs, ont déterminé l’aiguisement de son œil et l’élaboration de ce qui serait sa collection ; et comment, après la mort de son ami, il a repensé et organisé ce qu’il avait fait, à vue et suivant son instinct, pendant quarante ans. &lt;br /&gt;Seul aujourd’hui et dépositaire de l’œuvre de l’artiste disparu, il poursuit l’inventaire de ces colloques intimes, alliant des noms célèbres et d’autres peu connus, tissant des broderies de correspondances, composant et défaisant, cherchant et laissant confluer sous le regard dessins, gouaches, acryliques, gravures, sculptures, sortis de tiroirs, de placards, parfois oubliés, endormis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le prétexte chromatique, retenu par André Le Bozec, noir blanc gris, s’est imposé après qu’il eut pris conscience que les œuvres blanches constituaient, dans le travail de Guy de Lussigny, une préoccupation centrale de l’artiste. Un autre ensemble, au sein de cet œuvre, développé sur les noirs et les gris, est devenu plus explicite dès lors, comme anneau ou corollaire de ce centre, autour duquel Lussigny n’a cessé de décliner ses compositions raffinées en innombrables arlequinades de couleur. &lt;br /&gt;Élaborée autour de ce noyau blanc, cette exposition rassemble seize artistes. &lt;br /&gt;Un petit ensemble comprenant des dessins de Delahaut, Herbin, Freundlich établit le lien historique avec les influences de jeunesse de Lussigny. Ces œuvres illustrent aussi l’esprit de cabinet d’amateur que Le Bozec aime à préserver dans sa collection, et sont trace de la filiation plus ou moins reconnue ou revendiquée, qui unit les quelques contemporains de Lussigny, ici présents. &lt;br /&gt;Pour beaucoup inédites, on citera les œuvres de : Douglas Allsop, Ode Bertrand, Andreas Brandt, Eve Gramatzki, Pascal Levrague, madé, Aurélie Nemours, Josef Neuhaus, Alan Reynolds, Klaus Staudt, Hans Steinbrenner, Friedhelm Tschentscher, Marie-Thérèse Vacossin.&lt;br /&gt;Souvent typiques de la démarche de ces artistes, certaines illustrent une exception dans le travail de quelques autres : un blanc de Steinbrenner, une gouache de Gramatzki… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Constituer une collection, pour André Le Bozec, est avant tout manière de s’inventer une voix autre, habitée par ces tessitures diverses qu’on reconnaît de soi en chaque œuvre. C’est établir, au hasard des trouvailles et des intuitions, des liens entre des individualités disparates : par ses tâtonnements, ce promeneur en art rend manifestes les dialogues d’œuvres qui se parlaient sans se connaître.&lt;br /&gt;Si un dialogue s’établit entre ces solitaires, il n’est pas bavardage, moins encore discussion (Méfie-toi de ceux qui ne parlent pas sans discuter, disait un Père du désert), mais amenée d’une autre parole. Qu’elles se boudent de loin, se répondent, se toisent ou s’entre-incitent, elles servent un monde invisible et silencieux, qui attend une subjectivité pour résonner. &lt;br /&gt;Autant de saynètes proposées que le choix du collectionneur nous donne à voir et qui filtrent une sensibilité, un tempérament tout en grisailles, un certain esprit de l’entre-deux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains rapprochements demandent à savoir patienter pour que se révèle le réseau de fibres et d’œillades, entre fracas et grésillement, entre éclat et tamisage. Attentif à ces colloques de presque rien, le regard capte, vaguement ou avec évidence, ce qu’a tissé, au hasard des intuitions, la recherche d’un délicat équilibre. &lt;br /&gt;Cri ou murmure, tranquillité ou vif émoi. La rencontre permet à des harmoniques ou dissonances inattendues de se manifester : voici que, confrontant, opposant ou éloignant des œuvres, devient audible ce qu’on a nommé parole, où œil et oreille se suscitent selon une subtile synesthésie. &lt;br /&gt;Notre œil écoute, selon Claudel, et discerne une apparition, qui relève du sortilège : fruits d’un tropisme, qui a concentré la charge et la densité du temps de leur naissance, ces œuvres nouent devant nous, en nous leurs minuscules radicelles et esquissent le visage sans visage d’une sensibilité et d’une conscience qui invite à sa suite.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-4170153770508470570?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/4170153770508470570'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/4170153770508470570'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2009/10/musee-des-ursulines-macon-septembre.html' title='Parole à voir'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/SsnZ8CrY0KI/AAAAAAAAADY/vv5tJJtowYI/s72-c/2.htm.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-5308254471638924032</id><published>2009-10-05T04:30:00.000-07:00</published><updated>2010-03-09T08:13:13.656-08:00</updated><title type='text'>Entretien à propos de "Dans la vallée des larmes"</title><content type='html'>in DECISION SANTE, août-septembre 2009 - n°257&lt;br /&gt;Propos recueillis par Gilles Noussenbaum. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Décision Santé. A la lecture de votre livre, on peut s’interroger si le fait d’avoir une maladie grave peut être considéré comme une chance ?&lt;br /&gt;Patrick Autréaux. J’ai écrit un texte sur la maladie avant celui-ci, plus strictement autobiographique. J’y écrivais explicitement que la maladie est une chance. C’était une impression dans l’ivresse de l’après-maladie, à la fois un cri de provocation, de soulagement et de défense. Aujourd’hui, je serais plus circonspect. J’ai plus de recul sur ce ressort intérieur qui m’a fait rebondir : si j’ai profité de cette maladie, c’est d’abord parce que c’était moi, aussi parce qu’elle est arrivée à un moment où "cela tombait bien" ; j’avais achevé mes études, cela n’entravait rien d’autre. Elle fut une chance, parce que j’ai eu de la chance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S. Comment qualifier ce savoir qu’apporte une maladie grave voire mortelle ? Dans votre livre affleurent les références spirituelles.  &lt;br /&gt;P.A. C’est moins la maladie que le trauma du début, lié à l’annonce et à la conviction que j’étais condamné, qui relève d’une expérience de l’extrême. Tout naturellement, cela m’a reconduit vers une littérature qui m’était familière, celle des camps, Primo Levi et "Les naufragés et les rescapés" en particulier, celle des expériences extrêmes, Tsvetan Todorov ou Bataille. La psychiatrie m’avait déjà mené vers ces frontières-là…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S … Pourtant dans le livre, vous écrivez que vous êtes urgentiste, et non psychiatre &lt;br /&gt;P.A. J’ai une formation de psychiatre. Après que j’ai soutenu ma thèse, mon compagnon s’est installé aux Etats-Unis ; depuis j’ai partagé ma vie entre la France et les Etats-Unis. Choisir d’exercer la psychiatrie aux urgences était une solution pour pouvoir le rejoindre régulièrement. Mais ce livre n’est pas stricto sensu autobiographique… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S C’est pourtant un récit. &lt;br /&gt;P.A. Le mot roman ne veut plus dire grand-chose, et j’aime beaucoup le mot récit. Il évoque le récitant, la poésie, la narration sur le fil du fictionnel. Les personnages qui traversent ce livre ne correspondent pas à des êtres précis pour moi. Ce sont des compositions. La silhouette du narrateur est d'abord le résultat de l’écriture. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S Pourquoi alors ce déplacement de psychiatre à urgentiste?&lt;br /&gt;PA. Je ne voulais pas que la narration se complique de précisions excessives. En parlant de psychiatrie, cela m’aurait contraint à évoquer des problématiques qui me semblaient hors de propos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S. Revenons au savoir qu’apporte la maladie, et notamment sa dimension spirituelle. &lt;br /&gt;P.A. En fait, ici, elle s’apparente à la mystique parce qu’elle est une connaissance sans contenu, sans savoir. Je recherchais cette dimension du non-savoir depuis longtemps. Aller vers la médecine, c’était viser pour moi un idéal peut-être désuet : un idéal humaniste, qui renvoie à Erasme par exemple ; en fin d’adolescence, j’étais aussi un grand lecteur de Teilhard de Chardin. La maladie ou plutôt le trauma m’ont peut-être permis de grimper l’échelle plus vite. Ils m’ont fait éprouver un sentiment d’ouverture, un type de connaissance qui s’apparente à ce que décrivent les mystiques, les bouddhistes plus explicitement. La question de la transcendance restant en dehors. C’était une expérience poétique, au sens fort du mot : le temps ouvert. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S. La figure de l’ange revient à plusieurs moments. Comment la comprendre ? &lt;br /&gt;P.A. J’ai été très marqué par un article de Michel de Certeau qui comparait l’ange à une paille fendant le bloc d’acier du temps. L’annonce de la maladie s’est associée à une forme d’annonciation, la rhétorique religieuse était sans doute rassurante pour moi devant le non-sens. Mais cette spiritualité renvoie moins à une expérience religieuse clairement ancrée dans une tradition spirituelle, chrétienne ou autre, qu’à une rêverie poétique. Je suis venu à la poésie par les "Conseils à un jeune poète" de Max Jacob (qui sont aussi des conseils à un étudiant en médecine), et par Edmond Jabès, ça n’est pas anodin.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S. Sur la maladie, vous avez des paroles fortes lorsque vous écrivez : je connais la vérité. &lt;br /&gt;P.A. J’ai beaucoup réfléchi avant d’employer deux mots : égoïste et vérité. Au fond, c’est une vérité essentiellement subjective : ma vérité. Encore une fois, cela s’apparente à une connaissance sans savoir. C’est une vérité ouverte, sauvage, qui déborde et refuse d’être endiguée par des dogmes, des rites. Sans faire trop d’interprétations, elle renvoie plutôt au pulsionnel, au libidinal. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S. Pourquoi ce savoir est-il intransmissible ?&lt;br /&gt;P.A . On peut heureusement approcher l’expérience de l’autre par analogie, empathie et savoir. C’est ce que réalisent au quotidien les soignants. Cela donne parfois une proximité très grande avec les patients. La vivre personnellement en livre une connaissance incarnée, le mot est encore connoté religieusement. Au fond, cela est assez banal et profondément vrai. Le savoir populaire l’énonce bien : on ne peut pas vraiment comprendre ce qu’on n’a pas vécu. C’est en fait assez décourageant. Il y a toujours cette distance avec l’autre, inévitable, dans la compassion, dans l’écoute. Même si elle est indispensable pour soigner l’autre. Me repositionner comme médecin après la maladie n’a pas été simple. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S Comment s’est opéré votre retour à l’hôpital, alors que les pathologies que vous prenez en charge relèvent de l’aigu mais n’engagent pas le pronostic vital immédiat ? &lt;br /&gt;P.A. Ce serait à mes patients de répondre. Les infirmières m’ont signalé que mon écoute générait peut-être une présence plus grande. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S. A la lecture de votre livre, on se demande si le fait d’avoir été porteur d’une maladie grave ne procure pas un avantage, une supériorité sur l’individu normal. Et permet alors d’appartenir à une caste, à une aristocratie.&lt;br /&gt;P.A. Un malade qui survit est soumis à des tensions narcissiques fortes, avec ce que cela peut induire de mégalomanie, de fantasmes thaumaturgiques pour un soignant, de symptômes dépressifs. C’est comparable à une réaction maniaque, pas forcément joyeuse. Un des risques est de se transformer en prosélyte ou militant passionné. Pour ce qui me concerne, le travail aux urgences m’a remis de plein pied avec la réalité des soins ; on y est tout de suite rattrapé par l’imprévisible, cela permet de rester humble et de distancier les velléités thaumaturgiques. Tout au long de mon parcours, j’ai pu ressentir, selon les moments, des élans poétiques, des pulsions maniaques ou mégalomaniaques. Mais je conservais assez de lucidité, je crois, pour les considérer comme une manière de me défendre, de passer un cap. D’ailleurs dans ce récit, le narrateur traverse en quelque sorte un état maniforme, réaction à ce curieux deuil sans défunt que peut être une maladie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S Mais au-delà de Thanatos, le livre célèbre aussi Eros. Vous racontez sans détour la chaîne d’amants qui se succèdent au sortir de la maladie. Cette impudeur-là est-elle nécessaire au récit ?&lt;br /&gt;P.A. Il y au cœur de ce projet le besoin d’aller jusqu’au bout, de montrer ce qui a été vécu. Probablement de façon implicite, il y a l’imagerie du Christ ressuscité, du tout possible après. Dans mon premier texte, j’avais parlé, dans le même registre, d’une impression de pouvoir marcher sur l’eau. En ce qui concerne les pulsions sexuelles et la nécessité de se réconcilier avec son propre corps, cela m’a semblé tellement central à cette période-là, d’une manière quasi pathologique, que ce "symptôme" devait être décrit parce que témoignant d’une réalité intérieure. L’écriture de ce récit s’est déroulée en plusieurs temps. De mois en mois, il me semblait impensable de maquiller cet aspect essentiel. Témoigner de la crudité d’un "c’est comme ça" est peut-être scandaleux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S Que signifie pour vous ce concept de trauma ? Est-il différent d’une agression physique par exemple ?&lt;br /&gt;P.A. Le Pr Clervoy, dans un de ses ouvrages, nomme "syndrome de Lazare" la réaction existentielle à un trauma de guerre, à une maladie. J’y ai beaucoup puisé… Depuis, j’ai évoqué avec des jeunes médecins, également atteints de cancers, leur attitude au moment de l’annonce. Leur réaction s’apparente plutôt à ce que je décris lorsque je craignais présenter une récidive : des symptômes, l’inquiétude, les examens et l’attente interminable, puis le choc ou la confirmation des craintes. C’est en fait ce que vivent nombre de patients lors de la découverte d’une maladie. Ils ne connaissent pas forcément cet état initial qui fut le mien. C’est pourquoi je relie plutôt cette expérience intérieure au choc, au trauma qu’à la maladie.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S Vous décrivez la solitude du malade mais aussi celle de l’accompagnant. Est-ce impossible d’aider un malade ? &lt;br /&gt;P.A. Le compagnon est comme Eurydice, une présence-absence. L’accompagnant est plongé dans l’intendance souvent ; plus difficile est cet autre rôle plus silencieux qu’il assume. Les êtres qui ont la qualité exceptionnelle du compagnon du narrateur apportent, comme accompagnant, ce qui seul apaise un peu : à savoir, la présence elle-même, ce qui signifie évidemment l’amour. Mais c’est une place impossible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S. Vous racontez comment ce savoir vous a appris à mieux écouter et voir, à goûter davantage l’expérience artistique ? &lt;br /&gt;P.A. Cela a été une surprise. Je me croyais pourtant mélomane avant la survenue de la maladie. En fait, c’est du même ordre qu’avec les patients, à savoir : écouter la même chose mais différemment, majorée d’un degré d’incarnation supplémentaire, d’une autre acuité. Et puis on écoute mieux le silence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S Est-ce que la maladie rend plus heureux après ? &lt;br /&gt;P.A. Ce livre est circonscrit à une période. L’étape d’après, qui fait l’objet de mon prochain récit, est plus nuancée. Lorsque la menace de la maladie s’éloigne, les problématiques et soucis d’avant reviennent : trouver ou retrouver sa voie (sa voix en littérature, pour ce qui me concerne). On replonge dans le névrotique. On redevient un homme comme les autres. Alors, le bonheur…  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D.S En tout état de cause, la maladie vous a permis d’assouvir ce besoin d’écrire et d’être publié ? &lt;br /&gt;P.A. D’abord de travailler d’arrache-pied. Le non-né se révoltait. Le retour à l’hôpital m’a aussi considérablement aidé. La maladie a été comme une gâchette. Sur le plan littéraire, elle a accentué une de mes préoccupations, en écho de la démarche et du dépouillement d’Annie Ernaux : chercher dans l’autobiographique ce qui devient impersonnel. La maladie immerge dans le narcissisme, l’égotisme. Écrire, écrire sur soi en particulier, c’est essayer de se laver de soi pour atteindre autre chose.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-5308254471638924032?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/5308254471638924032'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/5308254471638924032'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2009/10/propos-recueillis-par-gilles.html' title='Entretien à propos de &quot;Dans la vallée des larmes&quot;'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-8883815138520516348</id><published>2009-04-11T07:35:00.000-07:00</published><updated>2010-10-15T07:21:03.690-07:00</updated><title type='text'>Dans la vallée des larmes</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/SwcjfAZkHvI/AAAAAAAAADg/mg07bZVPiJA/s1600/vall%C3%A9e.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 125px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/SwcjfAZkHvI/AAAAAAAAADg/mg07bZVPiJA/s200/vall%C3%A9e.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5406328893271711474" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Éditions Gallimard&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"L'état quasi extatique, ce vide d'une extrême densité, qui m'avait transi juste après qu'on m'eut annoncé que j'avais un cancer, aura été la plus surprenante étape de mon aventure.&lt;br /&gt;Aucun état amoureux, aucun événement, aucun autre voyage ne m'a donné à vivre cet exotisme engendré par l'effroi de me savoir condamné : un exotisme qui rejette aux confins de toute singularité, sous la menace, au bord du morcellement.&lt;br /&gt;De quoi exactement avais-je fait l'expérience ? Je suis bien en peine de le dire. La peur, la volonté, tout désir étaient suspendus ; je subissais un vide qui m'emplissait totalement. Puisque je n'étais pas mort, je devais appartenir à la communauté des deux fois nés."&lt;br /&gt;P.A.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Revue de presse :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&amp;type_item=ART_ARCH_30J&amp;objet_id=1089501"&gt;"Rescapé du naufrage"&lt;/a&gt; par René de Ceccatty, Le Monde des Livres&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://fredericferney.typepad.fr/mon_weblog/2009/05/patrick-autr%C3%A9aux.html"&gt;"Patrick Autréaux ou le dernier cercle"&lt;/a&gt; par Frédéric Ferney, blog&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://bibliobs.nouvelobs.com/patrick-autreaux"&gt;"C'est le livre des passages"&lt;/a&gt; par Jacques Drillon, Le Nouvel Observateur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;a href="http://www.lexpress.fr/culture/livre/dans-la-vallee-des-larmes_823481.html"&gt;Tumeurs d'amour"&lt;/a&gt; par Baptiste Liger, L'Express&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.lexpress.fr/culture/livre/dans-la-vallee-des-larmes_815908.html"&gt;"De l'autre côté"&lt;/a&gt; par Christine Ferniot, Lire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.telerama.fr/livres/dans-la-vallee-des-larmes,45100.php"&gt;"La maladie comme expérience spirituelle"&lt;/a&gt; par Nathalie Crom, Télérama&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-8883815138520516348?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/8883815138520516348'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/8883815138520516348'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2009/04/dans-la-vallee-des-larmes.html' title='Dans la vallée des larmes'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/SwcjfAZkHvI/AAAAAAAAADg/mg07bZVPiJA/s72-c/vall%C3%A9e.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-4980652724579575349</id><published>2008-05-31T09:41:00.000-07:00</published><updated>2009-05-15T09:02:35.779-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Thérèse l&apos;indomptable'/><title type='text'>Thérèse l'indomptable</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/SEGFYd1slNI/AAAAAAAAAB4/depqBc7vuCs/s1600-h/P.+Autr%C3%83%C2%A9aux+par+Matthias+Sch%C3%83%C2%A4fer.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5206589299590206674" style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/SEGFYd1slNI/AAAAAAAAAB4/depqBc7vuCs/s200/P.+Autr%C3%A9aux+par+Matthias+Sch%C3%A4fer.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt; &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 42.55pt 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; font-family: courier new; text-align: justify;"&gt;&lt;/p&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:130%;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;in A L'ECOUTE, magazine de la Fondation d'Auteuil, juin-juillet 2008 N°162.&lt;br /&gt;Propos recueillis par Anne Le Cabellec&lt;br /&gt;Photo Matthias Schäfer&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;Patrick Autréaux&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:130%;"  &gt; a choisi et présente, pour les éditions du Seuil, coll. Points Sagesses – Voix spirituelles, une sélection de textes de Thérèse de Lisieux. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:130%;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;Quête artistique&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:130%;"  &gt;Les premiers contacts avec Thérèse se sont faits plutôt classiquement par ma famille, chrétienne bien que non pratiquante. Au cours de mes études de médecine, j’ai surtout écrit de la poésie et lu des auteurs, Max Jacob notamment, qui m’ont amené vers des textes de mystiques : Thérèse d’Avila, Jean de &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;st1:personname productid="la Croix"&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;la Croix&lt;/span&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:130%;"  &gt;, des récits hassidiques, des contes soufis, des récits chamaniques… Thérèse de Lisieux m’arrêtait un peu par son style, sauf pour le manuscrit C : il y avait là quelque chose qui semblait éclairant pour mon chemin, en poésie surtout. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:130%;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;Identification&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:130%;"  &gt;&lt;br /&gt;Un ami sculpteur m’a fait relire Thérèse, alors que je terminais mes études de psychiatrie. Le manuscrit C paraissait toujours aussi fort, où elle évoque la maladie, la nuit de la foi, la charité. A l’âge de 35 ans, je suis tombé gravement malade. J’ai encore relu ses écrits (pas seulement les siens), cette fois avec une acuité différente. En lisant Thérèse, celle des derniers textes, il faut se souvenir qu’elle se sait perdue. M’étant cru condamné – les médecins étaient très pessimistes &lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:130%;"  &gt;–&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:130%;"  &gt;, j’ai fait l’expérience de cet effroi-là, sans ressentir d’ailleurs de colère ou d’appel particulier. Je ne pouvais pas ne pas m’identifier à son cheminement tâtonnant et à l’être humain en elle. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:130%;"  &gt;&lt;b&gt;Cohérence interne&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Dans les &lt;i&gt;Derniers Entretiens&lt;/i&gt;, on suit au jour le jour le parcours d’une femme à l’épreuve. L’aspect sauvage, indomptable, qui affleure chez les mystiques, y fait résurgence avec force. On prend conscience des ténèbres dans lesquelles elle se trouve et de l’inefficacité du recours à la foi qui l’a habitée jusque-là. J’ai entrevu un semblable dénuement chez certains patients en tant que médecin, et comme malade : un sentiment de déréliction, la douleur d’une solitude, d'une angoisse que rien ne fait céder. Néanmoins, le psychisme de Thérèse ne se disloque pas, ne se morcelle pas. Sa « petite voie » lui permet de résister.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:130%;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;Une route droite&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:130%;"  &gt;L’apaisement qu’elle peut donner ne vient pas de ses réponses, mais, au contraire, de son honnêteté à témoigner de sa totale nudité. Elle s’attache à mener sa route droite, en dépit de l’angoisse et du corps moribond. Au fond de ses ténèbres, elle se dit en paix, sans comprendre comment un tel paradoxe est possible. Thérèse n’a même plus le secours du doute, du relativisme, et le soutien de ses sœurs ne peut pas vraiment l’aider, la maladie rapproche et éloigne tout autant. Il ne lui reste que cette paix tourmentée sur laquelle elle n’a aucune maîtrise. Pourtant elle continue de se préoccuper des autres : toucher à l’instant de sa mort fait éprouver une grande compassion pour l’être humain, écrit Blanchot. On peut lire Thérèse à des moments différents de sa vie ; quand on est ou qu’on a été dans une situation traumatique, elle peut apporter l’aide d’un être qui a souffert et qui comprend. Deux solitudes qui s’accompagnent. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;La question de Dieu &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:130%;"  &gt;Ce que je cherche – je ne sais si c’est Dieu – se laisse parfois approcher dans un lieu intérieur dont le déploiement est intimement lié au langage. Je tends mon doigt vers ce que je ne pourrai jamais connaître, tout en restant dans une clôture humaine, ordinaire. Je me crois assez thérésien en cela.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:130%;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:12;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:12;"  &gt;&lt;b&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:12;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:12;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:12;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:12;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:12;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:12;"  &gt;&lt;b&gt;&lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:100%;"  &gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:12;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:12;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:12;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:12;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoHeader" style="margin-right: 1cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style=";font-family:Garamond;font-size:12;"  &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-4980652724579575349?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/4980652724579575349'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/4980652724579575349'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2008/05/thrse-lindomptable.html' title='Thérèse l&apos;indomptable'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/SEGFYd1slNI/AAAAAAAAAB4/depqBc7vuCs/s72-c/P.+Autr%C3%A9aux+par+Matthias+Sch%C3%A4fer.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-4825379200298731630</id><published>2007-09-14T07:54:00.000-07:00</published><updated>2009-04-29T14:10:11.399-07:00</updated><title type='text'>Thérèse de Lisieux, la confiance et l'abandon</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/SfjCLjTAWnI/AAAAAAAAADA/gXXnA1OFJts/s1600-h/images.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 84px; height: 138px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/SfjCLjTAWnI/AAAAAAAAADA/gXXnA1OFJts/s200/images.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330223662702287474" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Voix spirituelles - Points Sagesses&lt;br /&gt;Editions du Seuil&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anthologie de textes de Thérèse de Lisieux, choisis et présentés par Patrick Autréaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Thérèse de Lisieux ou Thérèse de l’Enfant-Jésus est l’une des saintes les plus populaires dans l’Eglise catholique et au-delà. Elle a laissé trois manuscrits autobiographiques qui ont connu un succès immense.&lt;br /&gt;Lire Thérèse c’est écouter un être qui s’abandonne au dénuement et se laisse ballotter vers cette sainteté qui rend l’être poreux au monde. La vie en communauté, les défaillances de la foi, la maladie qui ronge : elle traverse les épreuves comme un petit chevalier qui s’arme de l’enfance et s’en tient à sa « petite voie » pour franchir les reliefs imprévisibles du royaume intérieur.&lt;br /&gt;Le radicalisme tranquille de sa confiance fait presque peur ; elle n’a l’air de rien mais elle arpente vaillamment cette frontière où l'homme s'approche au plus près de l’Humain et de la compassion.&lt;br /&gt;Plutôt qu’à un modèle, le parcours de cette jeune femme renvoie, au-delà de la croyance et des dogmes, à ce cheminement aux confins de notre singularité vers l’autre."&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-4825379200298731630?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/4825379200298731630'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/4825379200298731630'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2007/09/paratre.html' title='Thérèse de Lisieux, la confiance et l&apos;abandon'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/SfjCLjTAWnI/AAAAAAAAADA/gXXnA1OFJts/s72-c/images.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-7975103545851587591</id><published>2007-07-15T15:40:00.000-07:00</published><updated>2008-02-11T07:21:56.808-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='trois poèmes de jeunesse'/><title type='text'>Trois poèmes de jeunesse</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je suis figure de proue&lt;br /&gt;comme sirène et tresse&lt;br /&gt;des points de brocart noir&lt;br /&gt;pour ceux que j’éconduis. &lt;/p&gt;          &lt;p class="MsoNormal"&gt;Et j’avance mes mains&lt;br /&gt;dressées vers l’inconnu&lt;br /&gt;en cousant les ourlets&lt;br /&gt;de sable sous les flots. &lt;/p&gt;          &lt;p class="MsoNormal"&gt;Je suis figure de proue&lt;br /&gt;injuriée chaque jour&lt;br /&gt;mais nourrie par le sel&lt;br /&gt;et purifiée par l’eau.&lt;/p&gt;    &lt;p class="MsoNormal"&gt;In &lt;i&gt;Poèmes pour Agnès&lt;/i&gt;, Arcam 1993&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;SOUVENIR DE CHARTRES&lt;/p&gt;          &lt;p class="MsoNormal"&gt;Je vous regarde en moi&lt;br /&gt;Hautes verrières bleues&lt;br /&gt;O grandes baies du soir&lt;br /&gt;Je vous incruste en moi&lt;/p&gt;          &lt;p class="MsoNormal"&gt;Vos cristaux se dissolvent&lt;br /&gt;Elixir et poison&lt;br /&gt;Cobalt et pleurs d’azur&lt;br /&gt;Vous me brûlez les yeux&lt;/p&gt;          &lt;p class="MsoNormal"&gt;Une mer silencieuse&lt;br /&gt;Roule au fond de ses golfes&lt;br /&gt;Les scintillements pieux&lt;br /&gt;De vos émaux lointains&lt;/p&gt;          &lt;p class="MsoNormal"&gt;Et je voudrais m’enfouir&lt;br /&gt;Dans vos couleurs promises&lt;br /&gt;Pour m’aveugler de vous&lt;br /&gt;- La beauté m’est douleur&lt;/p&gt;    &lt;p class="MsoNormal"&gt;in &lt;i&gt;Poèmes pour Agnès&lt;/i&gt;, Arcam 1993&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;                &lt;p class="MsoNormal"&gt;MEHR LICHT ! MEHR LICHT !&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;Quel est l’ouvrage du premier jour ?&lt;br /&gt;C’est le labeur d’un impératif et de l’angoisse.&lt;br /&gt;Que la lumière soit !&lt;br /&gt;Et Dieu de son inexpugnable perfection&lt;br /&gt;Voulut que nous n’ayons pas le doute.&lt;br /&gt;Il reste tant d’ombre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;              &lt;p class="MsoNormal"&gt;Afin que le monde ne s’épouvantât pas et connût son séjour&lt;br /&gt;Il laissa sa tunique et son manteau comme une châsse.&lt;br /&gt;Ainsi la nuit fut de loi.&lt;br /&gt;Couvert l’homme ne posa plus de question&lt;br /&gt;Et s’endormit sous la paisible alternance et la voûte&lt;br /&gt;Du ciel qui était sombre. &lt;/p&gt;            &lt;p class="MsoNormal"&gt;Mais tous ces millénaires en ont usé l’étoffe.&lt;br /&gt;Elle est en lambeaux&lt;br /&gt;Et l’ombre qu’elle donnait laisse paraître des ténèbres fossiles.&lt;br /&gt;A y regarder de plus près l’ouvrage du premier jour&lt;br /&gt;Est un grand stigmate. &lt;/p&gt;            &lt;p class="MsoNormal"&gt;Mes mains aux veines en losange se réchauffent&lt;br /&gt;Parce qu’il fait bien froid et qu’il ne fait plus beau.&lt;br /&gt;Il reste quelques oripeaux et un peu d’argile.&lt;br /&gt;J’en ai fait ma nostalgie et bien vite le tour.&lt;br /&gt;Il faudrait que toutes les sphères éclatent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;          &lt;p class="MsoNormal"&gt;J’aurais suffisamment de lumière&lt;br /&gt;Pour reprendre ma route&lt;br /&gt;Et mes mains accompliraient les joutes&lt;br /&gt;Dont je rêve depuis que je suis fier. &lt;/p&gt;    &lt;p class="MsoNormal"&gt;In &lt;i&gt;Poésie 91&lt;/i&gt;, n°37 avril 1991&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-7975103545851587591?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/7975103545851587591'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/7975103545851587591'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2007/07/trois-pomes.html' title='Trois poèmes de jeunesse'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-366452750736875480</id><published>2007-07-12T02:42:00.001-07:00</published><updated>2008-05-03T11:16:07.575-07:00</updated><title type='text'>Portrait d'un collectionneur</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/RpX6Vy9YZGI/AAAAAAAAABc/iqrJhS9ol44/s1600-h/LeBozec-24.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/RpX6Vy9YZGI/AAAAAAAAABc/iqrJhS9ol44/s200/LeBozec-24.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5086246606548264034" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PORTRAIT D'UN COLLECTIONNEUR ou un homme heureux&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;in "L'abstraction géométrique vécue", Catalogue de la collection André Le Bozec, Musée de Cambrai, mars 2007&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;photo Pascal Gérard : André Le Bozec, décembre 2003&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-366452750736875480?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/366452750736875480'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/366452750736875480'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2007/07/portrait-dun-collectionneur_12.html' title='Portrait d&apos;un collectionneur'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/RpX6Vy9YZGI/AAAAAAAAABc/iqrJhS9ol44/s72-c/LeBozec-24.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-6065444871426192638</id><published>2007-07-11T16:29:00.000-07:00</published><updated>2007-07-12T02:48:16.027-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;Ithaque d&apos;André Le Bozec'/><title type='text'>L'Ithaque d'André Le Bozec</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/RpX4ni9YZAI/AAAAAAAAAAs/YHfzNTtwnZo/s1600-h/101_1074.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/RpX4ni9YZAI/AAAAAAAAAAs/YHfzNTtwnZo/s200/101_1074.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5086244712467686402" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/RpX4oi9YZBI/AAAAAAAAAA0/zfcD5l-sQYg/s1600-h/101_1075.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/RpX4oi9YZBI/AAAAAAAAAA0/zfcD5l-sQYg/s200/101_1075.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5086244729647555602" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/RpX4oy9YZCI/AAAAAAAAAA8/znzYx8X5oMM/s1600-h/101_1076.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/RpX4oy9YZCI/AAAAAAAAAA8/znzYx8X5oMM/s200/101_1076.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5086244733942522914" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 42.55pt 0.0001pt; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;L’ITHAQUE D’ANDRÉ LE BOZEC&lt;br /&gt;Musée Matisse Le Cateau-Cambrésis  octobre 2005          &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est bien des manières d’être collectionneur. Il en est une particulière : constituer un ensemble où faire grandir, par la méditation sur un microcosme, la conscience de la diversité du monde et de sa possible unité.&lt;br /&gt;Méthode humaniste, s’il en est, qui semble désuète en une époque de l’impensable unité.  Elaborée par un instinct raisonné, pourrait-on dire, et dont la pertinence est à la hauteur du discernement que le temps a permis à l’homme de se forger sur les artistes qu’il découvrait ou connaissait mieux, et avant tout sur lui-même, la collection d’André Le Bozec s’est constituée à tâtons depuis quarante ans.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Théâtre d’un monde possiblement sans fin, son œuvre n’a cessé de tendre à une totalité, par essence ouverte et en évolution, mais dont la composition illustre les exigences de l’Art Construit qu’il aime : rigueur technique, géométrie et sensibilité.&lt;br /&gt;Sans frontière de support, de notoriété ou de nationalité, et pour règle l’émotion seule, André Le Bozec a fait son apprentissage patient de la fréquentation et du rassemblement d’artistes vivants et morts – tous construits : cela reste sa ligne directrice.&lt;br /&gt;Une part importante de cette collection a été donnée au musée de Cambrai. Cette donation n’arrête pas son œuvre. Il se consacre désormais à ses favoris et montre quelques-uns des artistes de la collection qu’il poursuit : Guy de Lussigny, Hans Steinbrenner, madé, Alan Reynolds, Hartmut Böhm, Imre Kocsis, Andreas Brandt, Jan Meyer-Rogge, Douglas Allsop, Friedhelm Tschentscher. &lt;br /&gt;C’est le privilège de l’écumeur de galeries et d’ateliers, comme celui du voyageur, que de choisir pour son île intérieure les artistes dont il ne veut se déprendre, et de manifester ainsi les facettes de sa sensibilité.&lt;br /&gt;Il aura fallu passer par les autres et se risquer avec la multitude. La tentation et l’exaltation de l’aventure d’abord, qui ramène à l’épure, à ce qui tient sa force du travail d’arasement accompli par les enthousiasmes, les déceptions et les retrouvailles.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ithaque&lt;/span&gt;, écrit Constantin Cavafis, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;t’a offert ce beau voyage./ Sans elle tu n’aurais pas pris la route./ Elle n’a rien de plus à t’apporter&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;L’Ithaque d’André Le Bozec n’existait pas, il l’a inventée. Il avait besoin de découvrir de nouveaux artistes, de nouvelles œuvres ; certains ne parlaient pas à sa sensibilité, d’autres, connus trop tard, étaient financièrement hors de portée : Agnes Martin, Bridget Riley ou certains Albers, pour ne citer que quelques-uns.&lt;br /&gt;De choix et de renoncements, il a fait cette île qu’il présente au musée Matisse et aime à décrire : horizon où l’on prend conscience du relief et où l’on mesure la grandeur de certains. Il aura fallu l’inventaire de ce qu’il possédait, au moment de la donation au musée de Cambrai, pour mieux voir les artistes essentiels à ses yeux. Effet du temps sur le discernement aussi, qui abrase les engouements, rectifie les approximations ou confirme les rencontres fortes, les intuitions précoces.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme tant de collectionneurs, André Le Bozec a gardé sa collection dans des placards pendant de nombreuses années. Des œuvres étaient montrées aux proches, quelques-unes rares accrochées, la plupart rangées ; elles constituaient son musée intérieur. Joie de rassembler et de jouir d’une cohérence dépassant l’individu : il a fait œuvre de ces œuvres en un temps où l’Art Construit n’était ni à la mode ni un bon placement. Il y a été poussé par des rencontres et par ce qui l’appelait.&lt;br /&gt;Ce qui étonne quand on écoute l’homme parler de sa démarche, c’est la part déterminante de la surprise et de l’émotion dans ses choix : celle du désir qui court-circuite les calculs, les théories, les arrière-pensées et laisse champ libre au discernement.&lt;br /&gt;En cela, le cheminement du collectionneur rejoint celui des artistes qu’il nous montre.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 42.55pt 0.0001pt; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-6065444871426192638?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/6065444871426192638'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/6065444871426192638'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2007/07/lithaque-dandr-le-bozec.html' title='L&apos;Ithaque d&apos;André Le Bozec'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/RpX4ni9YZAI/AAAAAAAAAAs/YHfzNTtwnZo/s72-c/101_1074.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-4884882409499988436</id><published>2007-07-11T09:14:00.000-07:00</published><updated>2007-08-09T04:47:21.732-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='madé ou l&apos;art de la synecdoque'/><title type='text'>madé ou l'art de la synecdoque</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/RpX5kC9YZDI/AAAAAAAAABE/sc2YFNiF_lQ/s1600-h/56.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/RpX5kC9YZDI/AAAAAAAAABE/sc2YFNiF_lQ/s200/56.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5086245751849772082" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 42.55pt 0.0001pt; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-family:Garamond;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;madé ou L'ART DE LA SYNECDOQUE&lt;br /&gt;Galerie Intérieure Lille - septembre 2005&lt;br /&gt;photo: musée de Cambrai&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;         Des lignes invisibles sont tendues entre nous et les domaines qu’entrevoient les artistes. Posées par la réalisation de l’œuvre d’art, elles manifestent une parenté entre cet on ne sait quoi et nous.&lt;br /&gt;Les œuvres d’art font sentir ce qui souffle quand nous approchons de nous-mêmes. Elles sont chargées de ce à quoi elles renoncent pour aller vers ces colonies de lumière et de légèreté qui nous dépassent. Légères, les vraies œuvres sont lourdes du poids de ce dont on les a privées ; elles sont comme des êtres qui appellent sans mot, sans user de force ni de persuasion, en nous parlant de notre incertaine et lente transfiguration.&lt;br /&gt;Etre amateur d’art, c’est chercher qui l’on est et devenir un homme des mers et des silencieux discours. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que disent les œuvres de madé ?   Pas de mot et c’est heureux. On doit se méfier du langage, il ne dit rien si souvent et, on le sait, ne dit jamais mieux que quand il dit sans dire. Les œuvres de madé témoignent d’une vision qui ne se peut rendre par image ni par mot : elles saisissent ce moment de l’irruption de l’ailleurs et du là-bas, comme quand en mer surgit la dorsale d’un grand être des fonds qui reprend son souffle. Présence d’une réalité importune, mais bouleversante, à la surface des eaux.&lt;br /&gt;Des colonnes torses, des buffets d’orgues réduits à une épure, des sculptures ou peintures en relief qui évoquent des voiles bandées par le vent : œuvres auxquelles on ne peut donner de nom – ce à quoi faute de savoir l’imagination supplée – et qui sont comme les restes polis d’une mâture et de voilages, où s’est inscrit le désir de la lumière, au sein de cet univers qui ne capte la pureté qu’aléatoirement.&lt;br /&gt;Ces structures de MDF, sorte de bois aggloméré, sont conçues pour s’intégrer au mur auprès de qui elles trouvent leur achèvement : elles en deviennent des émanations. Les œuvres de madé ont l’humilité de se découvrir œuvre complète par l’espace qu’elles accomplissent. Aller retour d’un mutuel achèvement : le mur apparaît et révèle ce qui est silencieux, comme la dorsale de la baleine donne à voir la mer et fait gronder l’invisible.&lt;br /&gt;Des œuvres blanches, jaunes, rouges ou bleues : rostres en majesté ; fémurs, os iliaques ou omoplates suspendus, dont ne resteraient que les lignes de force, des surfaces et des courbes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En mer, on devient attentif à ce qui tranche sur la houle monotone, aux visions fugitives dont on ne sait jamais si elle souffle ou pas, aux frissonnements du vent, aux clapotis de l’eau lumineuse.&lt;br /&gt;Je me souviens de mes embarquées enfant loin de la côte, très tôt le matin. La ligne de palangrotte vibrait entre mes doigts. Les profondeurs devenaient réelles et le monde immense.&lt;br /&gt;Les œuvres de madé jettent leurs lignes vers cet ailleurs.&lt;br /&gt;Le monde invisible ne se dévoile que par synecdoque : partie qui parle d’un tout, effrayant d’être inaccessible. L’art de la synecdoque est un art de la suggestion ; c’est aussi une protection contre cette immensité qui dépasse nos possibilités de représentation. On pourrait se demander si l’art abstrait n’est pas un art de l’effroi : art de l’impossibilité à saisir le réel dans sa totalité, dans son unité, dans sa diversité.&lt;br /&gt;L’art de madé respecte non pas les secrets du monde, mais leur impossibilité à être saisis.&lt;br /&gt;Il y a une ambition désuète et touchante chez les artistes qui tentent d’atteindre à une encyclopédie du monde dans leur œuvre, ambition adamique qui rappelle qu’au premier homme on demanda de nommer la Création. Une autre démarche part du constat que le tout ne se peut embrasser, que toute tentative est vaine et vouée à l’échec, sinon à s’y risquer par le moins : synecdoque à l’échelle de l’univers. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette approche, dans le travail de madé particulièrement, fait grandir en conscience. J’évoque cette amenée en lumière qui ne comprend pas ce qu’elle est, qui sait seulement : dévoilement de ce rien plus précieux que n’importe quel quelque chose. Rien qui n’existe sinon sous la forme qu’inventent les artistes, multiple, jamais absolue et infiniment changeante.&lt;br /&gt;Chez madé, ce rien se trouve surtout dans son travail sur le blanc : la lumière y devient dévoilement de la lumière par le jeu des ombres portées et des réverbérations ; dévoilement de cette forme invisible qui se nomme émotion puis conscience.&lt;br /&gt;Comme est long l’achèvement du cheminement pour l’artiste, cet accomplissement de l’œuvre en soi est incertain. Il s’agit de se laisser ensemencer par ce qu’on ne voit pas, qu’on ne maîtrise pas, sans que cela nous effraie. Ce qui suppose d’être préparé : il y a un apprentissage du discernement pour atteindre à ce savoir d’un ordre que la connaissance ne donne pas.&lt;br /&gt;Le parcours de madé est exemplaire sur ce point.   Venue au blanc dès ses premières œuvres abstraites, elle a dû re-parcourir le chemin trouvé d’emblée vers le blanc par son travail sur la couleur : elle décide d’étudier la réverbération de couleurs sur les pièces qu’elle coupe, rabote et ponce. Le désir ne change pas : son œuvre fait entrevoir ce qui en nous cherche le cachalot blanc, vassal du soleil dit Melville, celui qui à notre insu nage entre les racines des abysses. Celui en nous que traque l’artiste, plus obstinément que nous.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la maison de madé, son œuvre habite un grand atelier blanc. Domaine de blanc qui pense la lumière et ce qui en sort : les ténèbres qu’on éprouve à regarder en face la clarté. Elle aussi est hantée par le vassal du soleil. Elle se laisse investir par cet invisible qui sort des murs et fait franchir les murailles par un art qui tient de la figure de style et qui saisit la réalité par le peu, par le manque, par ce pas assez qui dit ce qu’on ne peut que violer, c’est-à-dire blesser et manquer à la fois, en le disant.&lt;br /&gt;Le travail de madé sur la réverbération est un travail sur ce qui échappe. Elle parle de couleurs « funambules » sous les glacis de blanc ou sur les surfaces blanches de ses œuvres, où se réverbèrent des couleurs flottantes comme celles des plaines autour de chez elle, quand la neige les recouvre. Il s’agit d’obtenir qu’une œuvre ait une couleur qui ne soit pas peinte. Ses œuvres blanches sont trompeuses et complexes : les couleurs sous-jacentes émergent, qui sont l’insaisissable peut-être de la blancheur elle-même.&lt;br /&gt;La courbe, dit madé, s’est installée comme une nécessité, elle capte la lumière blanche, et elle l’ombre comme elle déposerait une caresse. On se souvient du sens de la caresse chez les cabalistes, comprise comme caresse de l’esprit qui interprète le texte des textes, émanation du Verbe de lumière ténébreuse qu’est Dieu pour les mystiques.&lt;br /&gt;madé désire que ses œuvres soient des œuvres du moins possible. Pour y parvenir, il faut énormément travailler. Elle explique ses œuvres ratées : on suit à l’écouter le parcours d’une œuvre qui se cherche. Parfois ça aboutit, dit-elle, mais il faut du temps, apprivoiser les ombres, jouer avec elles et les comprendre : on saisit mieux la lumière par l’ombre et le blanc par la couleur… Et comme toujours, tendre au moins possible, en osant se lancer parfois, quand elle débite du MDF, dans la démesure. Il faut cette démesure : il faut passer par le corps à corps effrayant et jouissif avec la matière pour densifier et équilibrer chaque œuvre, en s’en retirant pas à pas.&lt;br /&gt;La richesse du peu ne vient-elle pas de l’obsédant travail de retrait ? Même si on ne voit plus ce qui s’est retiré, on le sent comme on sent le temps et cet esprit qui souffle sur les plaines autour de sa demeure.&lt;br /&gt;Comme bien des artistes, elle est allée du figuratif à l’abstraction ; mais son chemin, né d’une nécessité, n’est pas empreint d’idéologie. Son œuvre est d’abord un parcours intérieur : elle touche par ses expérimentations, par ses détours, par ses errances ; elle touche par la vérité et par la sensibilité d’un être en marche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les plaines enneigées autour de chez elle, outre ces souvenirs d’enfance de haute mer et de lecture de Melville, s’imposent quand je songe à ses œuvres : des étendues ondulant avec douceur, quelques collines presque rases qui retiennent sur elles le ciel omniprésent, et cet insaisissable dont on guette anxieusement l’irruption.&lt;br /&gt;Mais madé transmet quelque chose de plus.&lt;br /&gt;Ses couleurs vibrent d’une spiritualité toujours charnelle. L’artiste parle de l’écriture de sa peinture : elle travaille pour ne plus voir la trace du pinceau, tout en gardant un contact avec la pièce. Ce sont ses blancs qui marquent surtout, où flottent des esprits de couleur. Blanc de neige transpercé par la terre : non le blanc absolu du flocon suspendu, mais un blanc qui vient à notre monde et ne nous glace pas. Une blancheur qui s’est incarnée, pourrait-on dire.&lt;br /&gt;En nous faisant approcher cette blancheur qui n’est pas d’ici, les œuvres de madé nous épargnent ce que cette vision aurait de terrible. Comme ces grands êtres d’une violente tranquillité, en quête desquels vivent les mystiques, elles se défient de donner trop à voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 42.55pt 0.0001pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span  lang="EN-GB" style="font-family:Garamond;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-4884882409499988436?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/4884882409499988436'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/4884882409499988436'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2007/07/mad-ou-lart-de-la-synecdoque-galerie.html' title='madé ou l&apos;art de la synecdoque'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_l8WZ9a15quo/RpX5kC9YZDI/AAAAAAAAABE/sc2YFNiF_lQ/s72-c/56.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-5753651614174945978</id><published>2007-07-11T09:04:00.000-07:00</published><updated>2010-10-16T01:34:01.369-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nicolas Kennett: les deux éternités'/><title type='text'>Nicolas Kennett: les deux éternités</title><content type='html'>LES DEUX ÉTERNITÉS  - Ardoises de Nicolas KENNETT&lt;br /&gt;Galerie Paule Friedland et Alexandre Rivault Paris  décembre 2005                 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nicolas Kennett a depuis longtemps élu la sculpture et le bronze. Souvenirs d’enfance et de vadrouilles en tête, il a parcouru les débuts de son œuvre au pas de course. &lt;br /&gt;Après avoir délaissé pendant des années le travail en deux dimensions (du moins ne le montrait-il pas), il le retrouve avec ce qu’il considère complémentaire de son œuvre sculpturale : des dessins à la craie sur des ardoises d’écolier. &lt;br /&gt;La tablette noire et son cadre en bois ouvrent la fenêtre, et : un poisson rouge qui s’enfonce où on ne sait ; l’émergence d’un triton ; une herbe rase où on s’attend à voir un ver luisant ; une silhouette qui fait le guet au sommet d’un buisson ; le rêve d’un visage…&lt;br /&gt;L’art de l’éphémère fait percevoir l’épaisseur du temps et d’aventure surgir en soi l’éternité. &lt;br /&gt;Ces ardoises, que sont-elles ? La manifestation de l’insaisissable, peut-être. Elles crèvent l’écran de ce qu’elles représentent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ardoises : c’est le monde des cartables, des craies de couleur, des pleurs pour des drames de rien et des sommeils brusques après les cavalcades. L’enfance en nous qui fait flotter le regard. &lt;br /&gt;Ces dessins nous engagent à une odyssée : non celle initiatrice du voyage, mais l’odyssée immobile qui mène du quotidien à nos réminiscences.&lt;br /&gt;Bien sûr l’enfance, mais buissonnière, qui ne fait pas de dictées ni ses lignes d’écriture, qui rêve d’escapades et baye aux corneilles. Une enfance qui s’accapare et délaisse, efface et recommence, et fait à moitié, non par paresse, mais parce que ça suffit.&lt;br /&gt;Ces œuvres tranchent dans le parcours d’un sculpteur attaché au bronze. Comme s’il voulait se risquer à atteindre ce qui dure par l’effaçable ou le cassable. Comme on touche à l’éternel fragile en découvrant des empreintes un matin sur la neige, sur le sable d’une plage, dans la boue sèche d’une berge.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Il y a deux éternités : l’œuvre de Nicolas Kennett pourrait l’illustrer.&lt;br /&gt;Cette éternité devant soi qui se dépense en conquêtes, en campagnes et en jouissance de soi. &lt;br /&gt;L’ensemble de ses bronzes témoigne de l’énergie qu’il a mise en œuvre pour représenter un monde, de l’intime au monumental, comme pour faire le tour de la prison.&lt;br /&gt;Et puis une éternité moins tapageuse. On la sent depuis l’enfance, elle nous rejoint parfois à l’âge d’homme. Expérience subjective qui fait changer de dimension, arrête notre marche et creuse sur place son royaume. D’un devant soi, elle passe en soi et laisse entrevoir, partout où elle surgit, une profondeur au lieu d’une étendue.&lt;br /&gt;Ce à quoi peut-être invitent ces ardoises. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’éternité, il est vrai, est un fourre-tout imprécis. Celle dont on parle ici survient par effraction. Elle n’est pas bavarde, c’est là sa pudeur, et il faut souvent l’inattendu pour qu’elle se manifeste : difficile de décrire cet animal timide, phénomène tout de simplicité et d’évidence, qui fonde les quêtes mystiques, et dans l’art une réalité qu’approche par exemple la peinture médiévale chinoise.&lt;br /&gt;Nicolas Kennett, sur son chemin propre, rejoindrait-il cet art lointain, qui se plaît à jongler avec l’invisible ? &lt;br /&gt;Vers où nage ce poisson, dont ne se voit que la queue ondulante ? Quel pays survole cet oiseau ? Et où va atterrir la grenouille ? &lt;br /&gt;Les scènes de ces tablettes sont sans décor comme les jeux d’enfant. Le grain de l’ardoise, au pailleté discret, est le lieu de la rêverie. La scène s’offre dans une immédiateté évidente, qui attire vers quelque chose qui la dépasse. &lt;br /&gt;Éprouver l’éternité, c’est faire l’expérience du silence du temps dans l’éphémère. C’est laisser vibrer dans le saut de la grenouille l’onde de choc qui donne à voir le réel si intensément qu’on le croit manifester quelque ailleurs. Onde de presque rien qui crevant le décor plonge dans cet invisible où les sages taoïstes disparaissaient bienheureux. &lt;br /&gt;Ces ardoises seraient-elles une méditation sur la mort ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-5753651614174945978?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/5753651614174945978'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/5753651614174945978'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2007/07/nicolas-kennett-les-deux-ternits.html' title='Nicolas Kennett: les deux éternités'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9014474464100516184.post-5124738259218761731</id><published>2007-07-11T07:03:00.000-07:00</published><updated>2008-02-11T16:28:26.916-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Portrait d&apos;un poète vietnamien : Hoàng Câm'/><title type='text'>Portrait d'un poète vietnamien : Hoàng Câm</title><content type='html'>in CARNETS DU VIETNAM, n° 12, septembre 2006, pp. 31-32&lt;br /&gt;http://www.carnetsduvietnam.com/web/cdvn/cdvn12.htm&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rendez-vous était à un carrefour. Une moto a fait demi-tour dans la cohue et s’est dirigée vers nous qui attendions au bord d’un trottoir. Il était sur le porte-bagages.&lt;br /&gt;On m’avait parlé de lui, le poète persécuté, un des derniers grands. Sa vie se résumait en une célébrité tôt acquise et à trente ans de silence et de misère imposés. Il venait d’être réhabilité. Ses ennemis n’étaient même pas morts. Mais les temps changeaient, il n’était plus dangereux.&lt;br /&gt;Il a les cheveux blancs. Une mèche lui descend sur le visage. Il est méfiant sous son béret noir. Le regard est celui d’un gentil, souvent abusé. &lt;br /&gt;Il ne sait pas qui je suis. Il ne veut pas prendre le risque d’avoir des ennuis à cause d’un étranger qui repartira sans se rendre compte de ce qu’il a provoqué. Donc rendez-vous sur une artère passante ; les motos se suivent en détours. Un coin calme est prêt dans un café complice ; le cafetier est honoré de recevoir le poète. Quand on se séparera, il disparaîtra de son côté et nous du nôtre.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nouvelle rencontre chez l’ami qui me guide dans la ville.&lt;br /&gt;Des écrivains de tous âges sont venus. Certains ont refusé l’invitation à cause des problèmes avec la police. Hoang Câm est l’hôte d’honneur.&lt;br /&gt;Sur une photo prise ce jour-là, on voit surtout la mèche qui lui couvre le front. Tous paraissaient respectueux. Je ne sais si on respectait sa poésie ou sa souffrance. Les jeunes ne se privaient pas de dire que la littérature vietnamienne avait besoin de sang neuf, hors du Parti. Hoang Câm approuvait, mais restait un peu à l’écart. &lt;br /&gt;Qui aurait pu lui reprocher ?  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois ans plus tard à Hanoi, la situation avait changé. L’embargo américain avait été levé, le modèle du capitalisme à la chinoise avait transformé la ville. La surveillance dont Hoang Câm avait été longtemps l’objet se relâchait. Il pouvait recevoir des visiteurs.&lt;br /&gt;Nous décidâmes de nous rencontrer régulièrement. Mes questions l’aidaient à préparer le film documentaire que des américains, vietnamiens de la diaspora, voulaient tourner sur lui.&lt;br /&gt;Il habite avec son fils et la famille de son fils. Petite maison dans une ruelle, non loin de la cathédrale. Il s’installe dans le salon, sur un canapé en skaï noir qui vient de Chine. Il n’y a rien au mur. Une table basse en verre. On le dirait étranger chez lui. A portée de main, un sceau et sa pipe à eau. Il fume de temps en temps, boit du thé, toussote. Il souffre d’un asthme sérieux, ne se soigne pas.&lt;br /&gt;Je ne sais s’il fut un beau jeune homme. Il existe un portrait de lui, peint pendant la Guerre d’Indépendance : une célébration du poète soldat. Casque à étoile sur un visage marqué. Ni beau ni laid. Pas vraiment ardent. La guerre casse les ardeurs.    &lt;br /&gt;Ça commence dans une famille de mandarins : ascendance presque obligée, à quoi veillent les lois de la sociologie. On y retrouve à reculons des cadres de l’administration impériale, des romanciers et un poète. Son père, après l’échec aux concours mandarinaux, était devenu médecin. Hoang Câm l’accompagnait enfant dans la campagne pour récolter les herbes, les fruits, les écorces et l’aidait à la préparation des médicaments. &lt;br /&gt;Hoang Câm est un pseudonyme : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;herbes jaunes&lt;/span&gt;. Il ne sait pourquoi il a toujours aimé ces mots. Il s’agit d’un remède pour soigner les problèmes ophtalmiques. Très amer. &lt;br /&gt;Comme le sort finalement inscrit en lui.&lt;br /&gt;Il parle d’une boutique près de la cathédrale où un apothicaire vend ce médicament comme autrefois. Un type louche m’y a abordé une fois pour m’emmener dans une fumerie.     &lt;br /&gt;Une enfance pauvre, des parents qui ne s’entendent pas, un village au bord de la route mandarine. Le français appris avec passion, l’élève doué qu’on envoie à Hanoi pour ses études secondaires et qui donne des cours aux rejetons de familles aisées, les repas maigres : tout y est, et aussi la vie de bohême, mais en plus grave, plus empreinte de la conscience que l’Histoire est devant soi. &lt;br /&gt;Il écrit beaucoup. Même les censeurs coloniaux lui reconnaissent du talent. &lt;br /&gt;Une petite troupe monte ses pièces dans les maisons communales, sur le parvis des pagodes, dans la cour des familles riches.  &lt;br /&gt;Il aime les publics populaires qui gouaillent comme des grenouilles. Il se croit le Shakespeare du Tonkin.            &lt;br /&gt;Automne 1946, une de ses pièces est retirée de l’affiche, qui avait causé des remous dans le théâtre. Quelques jours plus tard la guerre est déclarée. Il est engagé dans la XIIème zone de combat et suit le Général Giap. &lt;br /&gt;Ses vers patriotiques circulent, il devient une des voix étendards. Il se souvient des feux de camp, des nuits où il récitait devant mille soldats rassemblés. &lt;br /&gt;Il s’indigne et se bat, écrit et s’enthousiasme, parle des morts et des luttes qui viennent du fond des siècles. Tous les héros de la Nation sont au rendez-vous. Ils aident les héros d’aujourd’hui. Même les feuilles des arbres prennent les armes. Les enrôlements de force, les massacres, les peines du peuple lui dictent des poèmes qu’on recopie et qu’on chante. Certains, dit-il, sont restés dans les mémoires des gens du Nord. Trois sont entrés dans les anthologies scolaires.&lt;br /&gt;Son Salut à la jeunesse, lui vaudra la Croix de Guerre des mains du Généralissime. Il ne l’avait pas signé. C’était le début de la bataille de Diên Biên Phu. Mais Giap reconnaîtra l’auteur.            Ni fierté ni amertume en disant cela. Sa voix se dépouille.    &lt;br /&gt;Et voilà, la guerre est finie. Les accords de Genève sont conclus. On lui demande de diriger une maison d’édition. Sa première femme et sa fille étaient mortes au début de la guerre. Il ne l’avait appris que de retour de la campagne contre Tchang kaï-chek. Il se remarie. &lt;br /&gt;Un an de liberté. Et ça bascule. Le Parti qui règne, les réformes et la Révolution agraire. On fusille, on emprisonne, on fait taire les bourgeois.&lt;br /&gt;Hoang Câm, avec d’autres, réclame la liberté d’expression et la démocratie. Il doit bientôt faire son autocritique et se rééduque six mois dans une coopérative agricole.           &lt;br /&gt;Et l’Histoire se déroule. Dans cet homme qui ne fait plus que témoigner. &lt;br /&gt;Les Américains s’engagent. Le IIIème congrès du Parti radicalise la répression. &lt;br /&gt;Hoang Câm est renvoyé pour deux ans dans une autre coopérative. Il est malade et sous-alimenté, on voudrait bien qu’il meure. Il mange les herbes amères de son nom.&lt;br /&gt;Il s’abîme ce qui lui reste de force et de souffle dans une scierie. Il ne peut plus travailler, c’est la misère. Il n’écrit presque plus. &lt;br /&gt;Avec la fin de la guerre avec le Sud les tenailles se desserrent. Mais régulièrement on vient confisquer ses papiers. Il sauvera quelques poèmes dans sa tête, se les récitant. Heureusement qu’il avait de la mémoire. Poèmes sauvés. Finalement publiés. C’était il y a deux ans. Et cette revanche qu’on lui accorde : le plus beau des poèmes secrets, choisi comme sujet du bac littéraire. On n’avait évidemment pas précisé aux candidats les tribulations de ce texte. Si les poèmes parlaient aussi de ce qui les persécute et les préserve, ils feraient du silence une mer furieuse.    &lt;br /&gt;Il raconte peu à peu, chaque jour on reprend le récit. Il demande de ne rien publier sans son aval. La peur encore.&lt;br /&gt;Qu’est-ce que je comprenais ? Je notais, c’est tout.             &lt;br /&gt;C’est un poème encore qui lui vaudra la prison dans les dernières années noires. Il avait eu l’inconscience d’envoyer une lettre à une amie en France.&lt;br /&gt;On l’incarcère. On le fait chanter pour qu’il dénonce des complices. Il y laissera presque sa peau.&lt;br /&gt;A ce qu’on dit, il était devenu opiomane ; on obtenait ce qu’on voulait de lui. Il aurait trahi beaucoup de gens à cette époque. Je ne sais si c’est vrai ou un relent de propagande.                        Il fait partie de la foule des silencieux à être réhabilités, quand le régime se décrispe. L’Association des Ecrivains Vietnamiens l’autorise à publier ses poèmes et son théâtre – rien d’autre.    &lt;br /&gt;Nous buvons du thé, un thé vert, très amer. Il prend sa pipe, place une pincée de tabac, l’allume avec une application maladroite. Etre en vie après tout. De quoi s’interroger sur le destin et sur Bouddha. Il se brûle les doigts, tire deux bouffées de sa pipe et se retient de toussoter. Il parle avec une sorte d’assurance courbée, partagé entre la résignation et le besoin de rattraper le temps perdu. &lt;br /&gt;Ses mouvements sont fragiles et secs, comme s’il avait des membres de papiers. On dirait un très vieux grillon. &lt;br /&gt;Un matin, je le vois sortir de l’Association des Ecrivains. Il enfourche son vélo rafistolé, il pédale lentement. Au feu, je l’interpelle. Son visage fermé se détend un peu quand il me reconnaît. Il repart, vacille comme une roue déjantée. &lt;br /&gt;Un homme l’attend devant chez lui. On se connaît. C’est son photographe. Un journaliste qui n’est pas du Nord. Les amis se demandent pourquoi Hoang Câm s’est entiché de lui. On dit que c’est le mauvais génie qui l’aurait reconduit dans les fumeries, et fournirait l’alcool qu’on lui déconseille. On le paie peut-être. On n’en sait rien.&lt;br /&gt;Ou bien est-ce simplement un homme à qui il peut parler. Il y a de moins en moins de gens pour comprendre ce qui s’est passé, de moins en moins pour écouter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Presque dix ans depuis ce séjour à Hanoi. Je ne l’ai pas revu. &lt;br /&gt;Aujourd’hui on lui permet tout au grand poète, ou presque, les gens ne font pas attention aux vieux grillons. Pas le temps ! Hanoi a cinquante ans de richesse et de liberté tous azimuts à rattraper.&lt;br /&gt;Hoang Câm est vieux et d’une autre époque. Il est d’une autre époque depuis toujours. Il est sorti de la pauvreté grâce à quelques mécènes et vient d’épouser une jeune femme. Il est devenu aveugle, elle le conduit. Elle est née bien après la guerre, mais son père récitait des poèmes de guerre de Hoang Câm. A qui veut l’entendre elle dit qu’elle l’aime depuis toujours sans le connaître.&lt;br /&gt;Le documentaire sur lui n’a été tourné que récemment. Le détail des années difficiles manque.   On voit un vieil homme éviter de parler des saccages et des folies arbitraires. Mais trente ans d’un vide douloureux ont tiré de lui ce chef d’œuvre : son visage est un poème qui ne ment pas.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9014474464100516184-5124738259218761731?l=patrickautreaux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.carnetsduvietnam.com/web/cdvn/cdvn12.htm' title='Portrait d&apos;un poète vietnamien : Hoàng Câm'/><link rel='enclosure' type='text/html' href='http://www.carnetsduvietnam.com/web/cdvn/cdvn12.htm' length='0'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/5124738259218761731'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9014474464100516184/posts/default/5124738259218761731'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://patrickautreaux.blogspot.com/2007/07/portrait-le-pote-hong-cam.html' title='Portrait d&apos;un poète vietnamien : Hoàng Câm'/><author><name>critiques d'art et entretiens</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05186874579310072189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry></feed>
